Notre ligne politique

Jeudi, 21 Août 2014 11:09 Taubira Jean-Marie
Imprimer

Nous admettons que les fondements de la politique sont les conditions d'existence humaine. Pour que celles-ci aient un sens, il faudrait que l'on ait une idée précise de ce que l'on peut entendre par l'expression "conditions d'existence humaine". Notre parti s'inscrivant, de par son choix autonomiste, dans un cadre universel, se réfère donc au Pacte international relatif aux  droits civils et politiques et au Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels, documents ratifiés par la France en 1980.

Les conditions d'existence humaine sont fondamentales dans la conception que nous avons de la politique. En ce sens, toute l'organisation de la société doit se faire dans l'intérêt du plus grand nombre. Tout le système est subordonné à l'épanouissement de l'être humain. Il s'ensuit que notre manière de concevoir la politique s'oppose à toute forme de dictatures même les plus subtiles c'est à dire celles de l'argent en tant que moteur de la société, celles des religions radicales en tant que limitation, voire privation de libertés. Celle du marché en tant que seule référence au bonheur. L'existence humaine est, pour nous, synonyme de liberté. Par conséquent le fondement de la politique est la lutte pour la liberté. Toutes les oppressions sont nos ennemis. La liberté engendre l'élévation de la conscience individuelle, élément essentiel de l'émancipation qui doit conduire à mettre en place les outils de la construction de la conscience collective. Ces outils sont nécessaires pour éradiquer l'assimilation et l'aliénation afin d'obtenir un être humain authentique.


Par implication, la politique est d'abord l'orientation que l'on veut donner à la société au regard de la conception que l'on a de l'Homme. Pour bien appréhender celle-ci, nous posons comme postulat que nous avons une haute opinion de nous-mêmes et que nous appartenons au genre humain.  Par suite, la politique est donc le résultat de ce que l'on fait. Par conscience ou inconscience, par laxisme ou de manière délibérée, l'état de la société est toujours le fruit de l'activité humaine. Il en ressort l'interrogation sur la nature de la gouvernance. Elle est bonne lorsque la majorité du peuple s'épanouit, elle est mauvaise lorsque la majorité du peuple s'interroge sur le bien fondé de la société lorsqu'elle produit son lot de contraintes à l'épanouissement. Notre politique doit nous conduire à convaincre la majorité du peuple que notre souffrance vient de nous-même ou, que notre réussite est le résultat de notre engagement. C'est donc notre implication qui peut nous libérer des contraintes de la société.


Cette perception de la politique nous conduit à la conceptualiser pour bien la mettre en pratique et surtout éviter le traumatisme dans l'évolution progressive de l'affirmation de notre authenticité. Il nous faut admettre que la politique repose sur la conjonction de deux pôles. Celui d'abord de la conception qui constitue les principes idéologiques ou pour l'exprimer dans un langage plus commun un ensemble d'idées cohérent qui nous donne un représentation de la société telle que nous la concevons. Ce pôle est important car, il va permettre de créer la structure organique de la société et le système de valeurs qui va lui donner toute sa cohérence et montrer l'efficacité de son articulation. C'est donc le pôle qui exige une culture historique et géographique du territoire. C'est également à partir de lui que seront définis les outils de sa mise en application. De fait, c'est dans la configuration de ce pôle que l'on doit introduire l'esprit critique de notre organisation sociale. C'est en son sein que l'on pourra juger de la pertinence des outils existants


Le deuxième pôle constitue la mise en pratique de ce qui a été conçu. En fait, il faut comprendre que la réalisation de ce pôle est à l'image de ce qui a été conçu dans le premier pôle. Certains auteurs l'ont identifié comme étant l'administration des choses. Par rapport aux sociétés dites primitives ce serait la partie dénommée profane en opposition à celle identifiée comme sacrée. Dans ce pôle on tiendra compte du mode de gestion qui sera utilisé, du niveau de la technologie de production qui devrait permettre une efficacité des facteurs de production alors combinés.


Forts de ce concept politique, nous pouvons annoncer que l'objectif que nous nous assignons est le bien être du peuple. C'est à dire une qualité de vie décente où chacun doit être en mesure de se loger, de se nourrir, de se vêtir et de s'épanouir intellectuellement par l'entremise de son activité. Si individuellement il ne peut satisfaire ces besoins, la société doit se substituer à lui, c'est le principe de solidarité. Cette idée de bien-être est le résultat de l'effort que nous sommes prêts à consentir collectivement. Nous posons comme préalable que tout ce qui s'obtient nécessite un effort constant, tant intellectuel que manuel. Par suite, le bien être collectif est le résultat de l'intégrité, de la rigueur intelligente, de l'excellence du savoir, de la connaissance, enfin, de la justice distributive.

Mis à jour ( Lundi, 08 Septembre 2014 10:34 )