Article 74

Mercredi, 28 Octobre 2009 23:48 Administrateur
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CONFERENCE DE PRESSE

Objet : Discours en faveur de l’article 74

Mesdames, Messieurs les journalistes,

C’est officiel, le Président de la République a fixé au 17 janvier 2010 le premier référendum sur l’avenir de la Guyane. La question qui sera posée est relative à l’article 74. Il s’agit donc d’un moment important de l’histoire de notre société. Toutes les questions de formalités deviennent secondaires. Il importe aujourd’hui

que la population prenne conscience de cet enjeu important. Nul n’a le droit d’être indifférent à ce qui se profile. Cet événement va conditionner la suite de l’existence des générations en vie. Il va tracer la trajectoire de l’existence des générations à venir. Nous ne sommes plus dans les querelles politiciennes. Notre premier sens des responsabilités commence ici, c'est-à-dire notre capacité à mesurer l’importance des aspirations de la population, notre capacité à guider la majorité de la population vers un destin collectif en rapport avec ces aspirations. Les ambitions personnelles qui consistent à vouloir être le dernier Président de Région de ce territoire ou le premier Président de la nouvelle Collectivité ou encore la première personnalité à négocier la première loi organique de la nouvelle Collectivité pour rentrer dans l’Histoire, doivent s’effacer devant l’ampleur de l’événement.

Nous nous sommes positionnés résolument pour l’article 74 parce que nous considérons que l’article 73 est une impasse, qu’il n’est pas dépassé mais, qu’il est surtout inadapté à la réalité de ce territoire. Sa force résulte essentiellement du niveau de la croissance de la société hexagonale française et par voie de conséquence des transferts financiers. A partir du moment où la France hexagonale est en crise financière et économique cette mission d’assistance devient impossible d’autant que la société guyanaise devient elle-même plus complexe avec entre autres, sa forte croissance démographique. Il nous faut nous rendre à l’évidence que c’est le principe même de l’assimilation qui défie l’entendement. Autrement dit, même des aménagements dans le cadre de l’article 73 ne sauraient faire évoluer la société guyanaise. Ce système ne comporte aucune compétence essentielle. Le monde change. Il ne change pas que pour les autres. Il entraîne tout dans son mouvement. Alors, comprenons que nous ne sommes pas dans la rhétorique, nous sommes dans les faits. Les indicateurs dans notre société sont suffisamment significatifs de son délitement (santé,  logement, éducation, chômage, environnement, insécurité, écologie etc. Nous considérons qu’on ne peut prétendre améliorer les conditions de vie de la population avec un tel outil. Le principe de l’identité législative fausse la réalité de notre société.

 
La peur est innée chez l’être humain. Les angoissent ne le sont pas et font partie de l’acquis. On les fabrique. Notre devoir face à cette crise mondiale, face à la crise de la société guyanaise est d’anesthésier tout ce qui génère l’angoisse de la population et particulièrement le mensonge.
 
Notre premier souci est de conforter dans la conscience de la population qu’il y a la même légitimité à choisir l’article 74 que celle de faire le choix de l’article 73. Tous deux sont inscrits dans la Constitution. Le choix de l’un ou de l’autre est fonction de notre niveau de conscience et de notre degré d’implication dans tout ce qui constitue notre destin.
 
Nous considérons que l’article 74 est la seule évolution statutaire de base. Pour prendre une métaphore, nous dirons qu’être sous-directeur n’est pas la même chose qu’être directeur. L’article 73 apparaît comme une sous-direction alors que l’article 74 est une direction. Or, diriger c’est administrer, gérer, prévoir. Ce système qui relève de la spécialité législative est plus en adéquation avec notre réalité. A partir de ce schéma il est facile d’admettre le transfert de compétences de l’Etat vers la nouvelle collectivité. Parmi les compétences transférables de l’Etat il y a entre autres, L’agriculture, le tourisme, le domaine, les mines, l’environnement, l’aménagement rural etc. Quel gène cultivons-nous pour que nous ne soyons pas en mesure d’assumer ces compétences essentielles desquelles découleraient de vraies décisions et un vrai sens des responsabilités. Pour n’importe quel peuple une telle éventualité serait un excitant, pourquoi devrions-nous penser que la population guyanaise serait hostile à cet apprentissage de la liberté et de la responsabilité ? Ce nouveau modèle de société est plus à même de stimuler le développement, de bâtir un vrai secteur privé qui galvaniserait la création d’emploi par un accroissement de la production intérieure. Nous devons croire que cette activation du secteur privé garantirait mieux les résolutions à la crise du logement que nous connaissons, elle rationaliserait nos comportements, nos attitudes, notre posture et nous rendrait plus crédibles. Ce système apparaît plus intelligent par rapport aux relations que nous aurons à développer avec nos plus proches voisins.
 
Merci de votre écoute
Mise à jour le Jeudi, 29 Octobre 2009 00:14