ETATS GENERAUX EN GUYANE

Lundi, 10 Août 2009 22:18 Taubira Jean-Marie
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Il y a eu une première fois des états généraux issus de la spontanéité du corps social Guyanais desquels avait émergé un projet Guyane. Il y a cette fois des états généraux décidés par le Président de la République. Autant l'autre, avait une certaine légitimité, autant celui-ci a un caractère officiel et légal. Le document de synthèse issus de ces états généraux a donc une crédibilité légale. Nous apprenons que le rapport général des états généraux en Guyane est disponible(réf.: http//jean-marie.taubira.over-blog.com).
 
Lorsqu'un document fait apparaître un tel cataclysme, il est évident que l'on ne saurait rester silencieux. Le contenu du document est ahurissant  Aller sur la lune n'est plus un exploit par rapport aux conclusions tirées des ateliers de ces états généraux. La Guyane apparaît comme un mystère dans le concert des pays de ce monde. Néanmoins, on a le sentiment qu'il y a eu quelques vélléités astucieuses pour assombrir quel que peu la situation en vue  certainement d'obtenir le contrôle éventuel d'un secteur. En matière économique par exemple, on nous dit que le marché est très étroit pour justifier  la hausse exorbitante des prix, et dans le même document et sur le même thème on est invité à faire de la place pour les multinationales. 
En tant que parti politique, nous avons l'obligation de transmettre à la population notre réflexion sur ce sujet. Notre première démarche consiste à énumérer, à partir du constat des états généraux, les questions qui nous paraissent essentielles de notre point de vue et d'y apporter les réponses. Y a-t-il un modèle de désaliénation au système départemental? Quel modèle de société peut-on proposer? Quelles sont les relations du vrai pouvoir politique qui contrôle actuellement le corps social voire qui subrepticement l'opprime? Quelles sont les organisations qui opèrent dans l'ombre? Quel risque devons nous prendre et quel mode d'action devons-nous choisir?
Dans un premier temps, nous invitons nos militants, nos sympathisants et tous ceux qui souhaitent voir une Guyane prospère, fraternelle et juste à abandonner les clichés de pseudo solidarité absolue. Si l'union fait la force, elle n'est pas nécessairement l'unanimité. Nous les invitons à opter pour une attitude rationnelle, réaliste qui les évitera les désillusions, les déceptions. L'homme et l'être humain sont deux choses différentes même si parfois elles peuvent être confondues. L'homme peut être bestial, immonde, brute. Mais, il peut aussi partager de hautes valeurs. Lorsqu'il atteint ce niveau, il est humain, il s'est dépassé en tant qu'homme. Lorsqu'il montre sa bestialité, on dit souvent que son acte est inhumain, ce qui tend à démontrer que tout homme n'est pas forcément humain. On comprend donc aisément que la vie est un combat d'abord sur nous-même puis dans nos relations avec l'autre.
Dans un deuxième temps, à partir de cette démarche, nous les invitons (nos militants etc.) à comprendre la nature du pouvoir, la subtilité de l'oppression et la finesse de l'anéantissement au sein de notre société. Nous ne devons pas perdre de vue que les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres. Les entités financières, économiques, commerciales, les multinationales sont très éloignées de l'état de santé psychologique de la masse. Elles font partie dans un système libéral du groupe d'oppression tout en faisant semblant d'être neutre. Elles contribuent à développer au sein de la société des inégalités parfois, avec la complicité de certains élus du peuple, pour mieux régner.
Avec ce résultat des états généraux il est important d'identifier ces faits pour mieux comprendre que la déconfiture de notre société est un atout pour elles. Il nous faut comprendre ces événements pour être efficace dans la lutte et donner toute sa dimension à notre engagement politique. Nous pouvons les combattre non pas pour vivre moins bien mais, pour être plus heureux, mieux lotis, plus libre, plus digne, plus créatif. Pour avoir une vie où l'existence aurait plus de sens.
A travers les lignes de ce document, dans ce qui apparaît comme une cohue des maux, nous pouvons apercevoir que le vrai pouvoir n'est pas uniquement borné dans la représentation gouvernementale. Il s'exerce par l'intermédiaire de certaines entités qui pérennisent la concentration des pouvoirs économiques, financiers, politiques entre les mains des mêmes. Il n'est pas malsain de s'interroger sur les opérations contre l'orpaillage clandestin... Comment le Brésil a t-il pu y mettre un terme?
Enfin, nous devons croire que le système départemental est un vrai pouvoir concentré qui a des points de soutien très peu visibles et très efficaces pour rendre borgne la masse. Il est fort à parier qu'il résistera comme il a déjà résisté. Derrière ce que peut représenter l'Etat, il y a ceux qui ont construit leur domination à partir du système et qui ne vont pas lacher quitte à réprimer. Il va nous falloir être fort pour résister.
Mise à jour le Samedi, 15 Août 2009 21:42