Parti Progressiste Guyanais

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Changer de cap

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L’histoire de la Guyane est ponctuée de crises et d’illusions d’expansion du seul fait de sa situation constitutionnelle. Le territoire apparaît comme un espace où tous les mécanismes d’échanges sont actionnés artificiellement. La résultante de ces mécanismes donne l’illusion d’un fonctionnement cohérent sur une courte période jusqu’à la nouvelle crise aiguë.
 
Il est impératif de sortir d’un tel système qui suscite la création de marchés parallèles où les agents économiques tentent de s’en sortir en dehors du circuit légal (cas de l’activité aurifère par exemple), où encore certains agents économiques se retrouvent de manière obscure à maîtriser toute une chaîne d’activité allant de la production jusqu’à la consommation finale (cas entre autres de l’activité de carburants).
 
Le développement de ce territoire doit avoir pour objectif l’épanouissement des populations. Aussi, je propose d’aborder cette réflexion sur un plan éminemment politique. Il s’agit d’observer le territoire tel qu’il est. Autrement dit, se débarrasser de tous les éléments psychiques que l’on a introduits dans notre conscient collectif qui nous fait le voir différemment de ce qu’il est.
 
A partir de cette observation du réel et de ce que l’on voudrait en faire à partir d’une certaine philosophie de la vie, concevons donc une organisation pratique et matérielle qui réponde à l’objectif touchant au sens de l’existence. De ce point de vue, la conception de la société et son organisation pratique sont en permanence en interférence. Elles se complexifient au fur et à mesure qu’elles se développent.
 
Pour comprendre le bien fondé de cette approche, identifions les aberrations actuelles. On entend depuis quelques temps « la Guyane c’est la France ». Si institutionnellement cela est plausible, sur le plan physique ce n’est nullement le cas. La Guyane se situe en Amérique du Sud entre le Brésil, géant de ce continent et le Surinam. La France se trouve en Europe. Autre affirmation, «la Guyane est un département ». Quelle similitude il y aurait entre le département de l’Ain avec ses 5762 km² et celui de la Guyane et sa superficie de 83534 km² ?
 
Le département est une division administrative qui rend cohérent le territoire. Il n’y a pas de mal à comprendre que la superficie moyenne des départements de l’Hexagone est de 5800 km². Il s’agit d’un aménagement territorial cohérent. On peut admettre les quelques disparités qu’il y a dans cet aménagement puisque cela ne rend pas burlesque le maillage du territoire hexagonal. Par exemple, le plus grand département dans l’Hexagone est l'Isère avec 10000 km² et le plus petit est Paris avec 105 km². Si on adopte la même philosophie du territoire, celui de la Guyane devrait contenir 16 départements. Nous pouvons aller plus loin dans les aberrations. Lorsque l’on veut classer les plus grandes villes de France en y introduisant ses périphéries ou dépendances, les seize premières sont toutes des villes de Guyane. La première est Maripasoula avec plus de 18000 km². La première ville de l’Hexagone est dix-septième avec 759 km² il s’agit de la ville d’Arles. Quel enseignement rationnel peut-on tirer de cette masse d’aberrations ?
 
Ces tracés rappellent ceux réalisés dans les pays colonisés et qui génèrent les troubles d'aujourd'hui (Empire Ottoman,Pays d'Afrique). Nous comprenons qu’il ne peut avoir de réponse au développement de la Guyane, si les cerveaux sont autant embrouillés. En conséquence, une des causes du non développement est intellectuelle et culturelle. Cette atteinte psychique qui touche à l’esprit humain est la source de la cause technique et économique de son retard de développement. Il est donc permis de diffuser dans l’opinion une meilleure connaissance de la réalité psychique et matérielle de notre environnement. Notre expérience doit nous conduire à changer de cap. Il en résultera un meilleur sens des responsabilités et une meilleure compréhension de l’utilisation de nos ressources naturelles. Rien n’interdit le peuple d’opter pour que la Guyane en tant que pays fasse partie constitutionnellement de la France. Il en émanera une relation plus objective et plus efficace pour les deux ensembles.
 

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Et si le peuple disait oui par Jean-Marie TAUBIRA

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