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Le nationalisme n'est pas la raison, la raison n'est pas le nationalisme

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Le nationalisme dont je parle n’est pas celui qui libère mais, celui qui génère les peurs, celui qui conduit à l’isolement, celui qui construit la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme dans son sens le plus large, ce nationalisme qu’on injecte de manière malicieuse dans la conscience collective pour atrophier l’unicité de la réflexion sur un avenir commun et un bien-être partagé. Il trouve souvent son origine dans la manière de certains dirigeants à administrer un territoire, à gérer l’humiliation d’un peuple.
La raison dont je fais état est l’entendement. Elle n’appartient pas à une ethnie mais à l’humanité. Elle est l’esprit de finesse qui permet de comprendre les mouvements sociaux, la nature des relations interindividuelles. La raison dont je fais état est la capacité à saisir les subtilités qui ne sont pas à l’évidence perceptible à l’intelligence humaine. Elle est celle qui conduit à refuser toute forme d’impérialisme, toute forme de colonialisme, toute forme de domination et d’humiliation.

Je déclare donc à l’humanité toute entière que le nationalisme n’est pas la raison mais, la raison n’est pas le nationalisme.

Sur un territoire, il y a un peuple dont l’unité historique peut être composite avec des histoires multiples mais partagées. Il y a un peuple dont l’unité culturelle est complexe mais partagée, une unité linguistique dont chaque langue est une partie de ce tout. Le territoire le plus peuplé du monde en est une preuve. Ainsi, tout peuple ayant pris conscience de l’unicité de son territoire aspire à l’autodétermination, à la souveraineté populaire. Il en fut ainsi de la Grèce, de la France hexagonale, de l’Italie, de l’Afrique du Sud, du Suriname, de Trinidad etc.

Lorsque l’on aime son territoire, on doit vouloir qu’il soit en mesure de générer l’épanouissement collectif, le bien-être commun et que nul ne soit laissé au bord de cette œuvre en construction. Tout ce qui constitue un obstacle à cet épanouissement collectif doit être porté à la conscience collective avec le plus d’audibilité et le plus d’objectivité possible. En aucun cas il doit être une arme au service de la haine mais un chemin au service de la raison humaine.

La Guyane n'échappe pas à cette règle, elle est un territoire où il y a des humains dotés d’intelligence et de savoir. Ce territoire a du mal à se développer. Il est en permanence en décohérence. Si l’on scrute le mécanisme du schéma qui est imposé force est d’admettre que le territoire est verrouillé. Tout ou pratiquement tout est fait pour empêcher son développement graduel et rationnel. A chaque crise grave  on fait semblant de relancer la machine économique en sortant de vieux dossiers dans les fonds de tiroir et,  on génère une surchauffe qui va nécessiter l’intervention d’entreprises extérieures favorisant par la même l’évasion par l'entremise de filiales installées, d’une partie importante du volume de monnaie créée. Le financement de l’économie qui se fait toujours par le principe de l’intermédiation perd une partie importante de ce volume de monnaie mettant à mal le principe de la pompe qui aspire et refoule. Des emplois sont détruits sur le plan administratif et technique au profit d’autres territoires. Par suite, les services rendus sont pénibles et le consommateur local est pénalisé.

La société produit de plus en plus de contraintes et met à mal son sens premier qui est ce que l’on ne peut pas faire seul, on le fait collectivement. A titre d’exemple on peut citer la délocalisation de France télécom mais également l’installation des autres opérateurs téléphoniques qui n'ont quasiment qu’un service commercial sur place. L’installation des grandes surfaces, le rachat de nombre d’entreprises par des capitaux étrangers changent les perspectives de développement local et le territoire devient tributaire de cette force économique au point d’imposer un mode de développement qui n’est pas forcément compatible avec les aspirations du peuple. Cette force renforce l’économie de comptoir au détriment de la production locale. Par ailleurs,  nous pouvons avoir en mémoire l’annonce d’une offre d’emploi d’une grande surface qui stipulait de préférence « Femme de gendarme etc.… ». Le marché de l’emploi dans l’hexagone dans les années 70 était de cet acabit et les originaires d’outremer en souffraient. Ce schéma imposé laisse entrevoir la constitution de réseaux  dans le circuit économique. Comment ne pas penser que la SEMSAMAR société d’économie mixte de Saint-Martin ne favorise pas l’attribution de logement à des demandeurs depuis la Guadeloupe au profit du personnel déplacé des grandes surfaces au détriment des demandeurs locaux? Pourquoi nier que le volume d’affaires réalisé par cette société, sur le territoire de la Guyane, traduit en volume de monnaie mais, viré sur un compte bancaire en Guadeloupe, ne pénalise pas le financement de l’économie locale. A toutes ces injustices de plus en plus insupportables s’ajoute la création d’une Collectivité unique et inédite sans perspective de pouvoir effectif. Sur ce point, tout citoyen doté de la moindre intelligence ne peut que partager l’analyse de la Députée de la première circonscription Mme TAUBIRA Christiane.

Dénoncer ces obstacles à la cohérence de la société c’est faire honneur à la raison et c’est avoir du respect pour le genre humain. Les prédateurs de l’enrichissement ne peuvent avoir indéfiniment le contrôle de la conscience collective.
Mis à jour ( Vendredi, 08 Juillet 2011 02:55 )  

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Et si le peuple disait oui par Jean-Marie TAUBIRA

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