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L'autre rêve

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Je n’ai pas fait le même rêve que lui. Martin Luther King avait fait un rêve. I have a dream  disait-il. Dans ce discours prononcé le 28 août 1963 à Washington, il disait entre autres « …tous les hommes, les Noirs, oui, aussi bien que les blancs, se verraient garantir leurs droits inaliénables à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur ».
J’ai l’intime conviction qu’il le savait assurément. Certains Noirs ne voulaient pas comprendre ce combat. Ils n’étaient pas nombreux mais en nombre suffisant pour générer la honte de l’être humain. C’étaient des larbins, des larves, des invertébrés du type ver de terre,escargot. A les voir au microscope on dirait des vermines. Ils croyaient qu’ils ressemblaient mais, ressemblaient seulement à des cols blancs. Alors, il ne s’occupait pas d’eux. Seuls ceux qui voulaient aller de l’avant l’intéressaient parce que son rêve était aussi : « qu’un jour sur les collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité ».

J’ai fait un autre rêve. Il est plus en adéquation avec notre temps, plus en phase avec notre réalité. Celui où la Guyane est devenu un territoire militaire, où les divisions de Martinique et de la Guadeloupe lui sont rattachées alors que les emplois civils sont délocalisés vers ces deux territoires et l’hexagone. Le rêve où des prédateurs viennent avec leur personnel d’encadrement piller ses ressources naturelles et priver d’emplois ceux qui y sont nés et ceux qui ont décidé d’y vivre paisiblement. Le rêve où le marché de l’import-export est confisqué par des entreprises exogènes faisant venir le personnel de leurs filiales pour occuper les postes qu’elles veulent ôter aux habitants de ce pays. Le rêve où l’activité économique est quasiment soutenue par l’activité militaire où ceux qui l’habitent et vivent paisiblement sont considérés comme des moins que rien. Le rêve où délibérément la drogue circule pour anesthésier la vitalité de la jeunesse de ce pays. Le rêve où à chaque coin de rue il y a des agents non identifiés qui ont pour rôle de semer la rumeur et de démoraliser le peuple. Le rêve de la prise de contrôle des principaux média qui ont pour mission de distiller de la désinformation et de faire croire au peuple ce qu’il n’est pas. Le rêve ou il est interdit de créer de la richesse par la production de biens et de services endogènes en souvenir du Grand Colbert pour lequel aucun clou ne devait sortir des colonies.

Juste avant mon réveil et avant que ne prenne fin le rêve, j’ai vu une partie importante du peuple se mettre debout pour renverser ce système qui humilie, qui méprise, qui rabaisse, qui diminue, qui avilit. J’ai vu beaucoup de jeunes qui refusaient de trinquer. Ils étaient nombreux, ils avaient fini par identifier leurs fossoyeurs et leurs supplétifs.

Juste avant mon réveil et avant que ne prenne fin le rêve, j’ai entendu cette partie importante du peuple dire à haute voix avoir choisi de mourir debout plutôt que vivre à genoux. Je les ai vu dans une sorte de bulle ovale nombreux à sauter de joie. Ils avaient l’air d’avoir retrouvé leur dignité.
Mis à jour ( Mercredi, 20 Avril 2011 04:54 )  

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Et si le peuple disait oui par Jean-Marie TAUBIRA

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