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La Démocratie et le Piège de la nouvelle Collectivité de Guyane

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Nul n’ignore que dans la France hexagonale du 19ème siècle, la démocratie était conçue comme un contrôle par le peuple sur les pouvoirs publics. Autrement dit, dans un système ou le suffrage est indirect le peuple est représenté par les parlementaires de l’Assemblée Nationale et les collectivités territoriales, par les parlementaires du Sénat. Ce rappel a pour but d’interpeller ceux qui ont perdu la trace de la mémoire collective et qui pourrait contribuer à l’accélération du délitement de la société guyanaise.

La démocratie s’éveille avec les crises des sociétés humaines. Les réformes apparaissent comme la seule réponse possible à l’émergence de liberté qui naît de la rupture des chaînes de l’ignorance et de l’indignité. De fait, les réformes nécessaires sont celles qui ont trait à plus de liberté comme cela se passe actuellement dans les pays arabes. La saturation populaire liée à l’existence exécrable du peuple exige une élévation du niveau de liberté. Autrement dit, une mise au rebut de la nasse culturelle qui aliène, de la nasse juridique qui étouffe, de la nasse institutionnelle qui humilie. On peut donc intelligemment comprendre que les réformes ne peuvent être à minima qu’une déconcentration des pouvoirs publics et non une nouvelle concentration.

Mais, la démocratie a-t-elle le même sens dans l’hexagone que dans ses périphéries ? Sur quoi repose t-elle ? Sûr, juré, dans l’hexagone la démocratie repose sur l’égalité des droits politiques et sur l’idée que le pouvoir vient de la nation c'est-à-dire le peuple. Peut-on imaginer un Préfet qui se substituerait à un Président du Conseil Régional ou à un Président du Conseil Général sur le territoire hexagonal ? Pourquoi est-ce possible en Guyane ? Bien sûr tout n’est pas comparable voyons ….

La Guyane tout en ayant choisie l’article 73 sera dans une situation inédite où il n’existera ni Région, ni Département. Comme il fallait s’y attendre, à situation inédite, expérience inédite. N’est ce pas bien parlé celui qui a dit : « on n’est pas prêt » alors, dansez maintenant….

Entre les différents moments durant lesquels la France en crise a pu asseoir sa République laïque, Jules Ferry disait aux nouveaux auxiliaires de l’enseignement public à propos des enfants mis à leur disposition : « Parlez donc à son enfant comme vous voudriez que l’on parlât au vôtre … » Face au choix défendu par les nouveaux locataires du Conseil Régional l’Etat leur parle comme eux ils ont parlé au peuple, sur la base de l’indignité, de l’irresponsabilité, de l’humiliation. La conséquence d’avoir choisi la soumission entraîne, dans cette situation inédite, la confusion de la légitimité et de la légalité.

Cette sorte de démocratie qui s’annonce avec l’éventuelle mise en place de la nouvelle collectivité ne m’inspire rien de bon. Il s’agit d’un vrai piège à museler les populations. Déjà, cette collectivité est retenue à partir d’une approche particulière de la démocratie puisque sur les 67 528 votants du territoire, moins de 28% s’est rendu aux urnes permettant de comptabiliser 49 009 abstentions soit 72,58%. Quel contraste entre la précipitation à vouloir mettre en place ladite collectivité et le non plébiscite par la population de cette même collectivité…

Par ailleurs, il apparaît, hormis le problème de rentabilité économique et d’efficacité financière qui n’est par entièrement démontré, que la collectivité unique garantit moins de démocratie que l’existence des deux grandes collectivités actuelles. Ceci, tant par rapport à l’Etat que par rapport aux élus locaux. Il est plus facile de museler un peuple par l’intermédiaire d’une seule collectivité que lorsqu’il y en a deux… Il est plus facile de monter un réseau d’affaires avec une collectivité unique qu’avec la présence de deux… Surtout dans le cadre de l’article 73…

Alors, parler de la nouvelle collectivité en terme de contenu n’est que l’expression d’un misérabilisme. Faute de mieux on disserte sur les miettes. Les habilitations par exemple… cela ne concerne que l’espace de compétence de la collectivité unique. Or, comme elle n’a aucune compétence sérieuse de développement, ses habilitations feront le même effet que du pipi de chat.

En projection, la Guyane ressemblera bien à ce qui se passe aujourd’hui en  Côte d’Ivoire  et, ce qui s’est passé hier avec la Tunisie de Ben Ali,avec tout le respect que l'on doit à ces peuples Foccart n’y est plus mais la théorie Foccart perdure….
Mis à jour ( Dimanche, 17 Avril 2011 17:07 )  

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Et si le peuple disait oui par Jean-Marie TAUBIRA

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