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La Guyane : La nouvelle conquête de l'Ouest

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"L'avenir de notre territoire se joue à notre détriment. Ne soyons pas naïfs. Aucun peuple n'est homogène. Élevons notre conscience pour comprendre que l'unanimité est impossible mais, la majorité est possible. Au-delà de nos différences purement physiques, partageons des valeurs qui nous ressemblent et qui nous font résister, voire anesthésier l'humiliation. Notre dignité nous élève au rang d'humains complètement achevés".

Le sujet que je veux aborder est celui d’un territoire abandonné à la puissance financière et machiavélique de deux multinationales, l’une canadienne dénommée Columbus et l’autre russe appelée Nordgold. Elles n’ont pas fusionné. Chacune garde sa singularité. Elles se sont associées pour capter une ressource naturelle qui s’appelle l’or et qui leur donne la fièvre au point de ne point entendre la voix des peuples qu’ils veulent faire taire avec la complicité de supplétifs comme au temps des colonies. Ils veulent les faire émigrer définitivement de leur milieu naturel.
Étrange situation de ce territoire qui se soumet aux règles constitutionnelles et législatives d’un État qui semble ignorer son existence et son histoire. Étrange situation où le gouvernement de cet État, par l’entremise de son ministre de la transition écologique et solidaire pose la problématique de ce territoire comme s’il s’agissait d’un pays indépendant et pour lequel, il n’a aucune responsabilité dans sa situation économique, sociale et culturelle. Alors que l’exploitation des hydrocarbures sera interdite à l’horizon de 2040 sur le territoire hexagonal, il fait une exception pour la Guyane en avançant un argument guignolesque qui est que la Guyane est confrontée à « un problème de chômage, c’est aux guyanais de voir ». Lorsque les guyanais libres, non inféodés au système se penchent sur leur avenir, on leur apporte pour réponse : la répression sous toutes ses formes. Le grand pseudo argument est l’emploi ou si on préfère le chômage… Le taux de chômage dans l’Hexagone est en moyenne légèrement inférieur à 10% mais, le taux dans chaque département n’est pas identique. Ainsi, dans les Pyrénées Orientales il est de 15% lorsqu’il est dans le Cantal de 6%. Pourtant, l’État ne livre pas ce département aux multinationales.

Devant l’immensité de ce cauchemar, nos sens s’aiguisent et notre réflexion se complexifie. En contemplant le reste du monde, en faisant un retour sur l’histoire, on se rend compte que les situations, à quelques nuances près, se répètent pour les territoires dominés qui vivent une illusion d’égalité, une unité de forme. Qui dans l’hexagone s’intéresse à ce qui se passe en Guyane ? C’est en ce sens que la Guyane est moralement comparable à la conquête de l’Ouest en tant que processus de colonisation. Quel intérêt l’État français a à livrer la Guyane à la multinationale russe et canadienne. Le Canada dispose de ressources naturelles dont les minerais et les matériaux, La Russie également. La base de sa puissance est l’importance de ses ressources naturelles. Pourquoi ne s’imposent-elles pas dans ces pays ? Parce que La politique publique préconisée est draconienne dans ces États industrialisés et l’exploitation de tout gisement doit profiter au pays. Particulièrement au Canada dont le gouvernement tient à ce que les ressources naturelles améliorent la qualité de vie des canadiennes et canadiens. Par suite, on comprend l’intérêt de ces multinationales pour notre territoire. Par contre, par déduction, on comprend moins l’intérêt de l’État français et de la CTG au regard des retombées pour le territoire et surtout des conséquences environnementales mais également patrimoniales. Si les retombées sont aussi insignifiantes et les conséquences aussi catastrophiques, le seul intérêt pour l’État se résumerait à un intérêt particulier et pour la CTG peut être une compensation peu onéreuse. Il s’ensuit, qu’on serait  en face d’un système oligarchique qui n’a rien à voir avec une démocratie. Encore une fois, force nous est de constater la nature réelle de notre territoire dans la République. Je crois également qu'en ce qui concerne la multinationale Nordgold, pour mieux l’appréhender, il nous faut connaître la nouvelle société Russe depuis l’avènement de monsieur Poutine. Elle est différente de l'ancienne Russie de l'URSS notamment avec la disparition de l’uniformité qui lui était attachée.

Comment nous en sortir ? Crier au secours ! Aux assassins ! Personne ne nous entendra. Le monde a changé et continue de changer. Nous appartenons au camp des délaissés jusqu’à ce que nous prenions conscience que nous existons. Tout dépend de nous. Nous sommes tous concernés par cette catastrophe prévisible comme l’est celle du chlordécone. Nous devons nous mobiliser en sachant que nous avons peu de temps. Il nous faut être de plus en plus nombreux. Le seul avis que nous devons donner est simple : « Non à l’exploitation de la montagne d’or, non aux multinationales, halte au pillage »

Il nous faut renforcer notre cohésion. Au-delà de notre morphologie apparente notre problématique unique est que voulons-nous pour la Guyane et Comment voyons-nous l’avenir ?  J’en déduis que nous avons très peu de temps pour nous connaître car, comprendre et aimer les peuples c’est d’abord ça : Se connaître. Il nous faut clarifier nos relations avec les peuples autochtones et prendre conscience que nous avons tous été manipulés par la France. Nos querelles réciproques sont nées d’opportunistes et que nous avons voulu bêtement généraliser. Il nous faut mettre rapidement un terme à cette situation. C’est la France qui doit se réconcilier avec les peuples de Guyane. L’avenir est à ce prix, le prix de la dignité

 

 

 

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Et si le peuple disait oui par Jean-Marie TAUBIRA

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