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La Guyane : Une crise d'idéal

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"Si l'architecte qui a conçu notre univers devait se fâcher pour ce que les humains font endurer à son œuvre, il les sanctionnerait sérieusement. En raison de l'incertitude de cette sanction, nous devons réagir et faire entendre notre voix contre les idioties humaines, leurs inepties, leur arrogance".

Cet article est un extrait de : « Mon esprit, nos responsabilités, notre galaxie ». La société guyanaise est en crise mais pas de celle qu’on veut nous faire croire. Les effets négatifs voire nauséabonds que l’on constate ne sont que les causes d’une vraie crise qui est celle d’une absence d’idéal. Donc, une crise d’idéal. Si nous admettons qu’une société est un système, nous devons comprendre qu’elle est fondée sur une logique, c'est-à-dire un ensemble de règles qui permet de bien l’identifier et de trouver son fonctionnement cohérent et efficace. Un système n’est pas une photocopie. Il est la concrétisation de ce qui a été pensé. Ce qui a été pensé est une "réalité fictive" qui doit pouvoir être accessible à la réalité "réelle". La réalité fictive est la vision théorique de ce que l’on veut construire. Elle est bâtie à partir d’un idéal, autrement dit un modèle de société. La réalité réelle est, à partir de la mise en application de cette vision théorique, notre vécu. Elle devrait tendre le plus proche possible de la réalité fictive.


Il s’ensuit que la société ainsi pensée devrait porter en elle les valeurs collectives indispensables au bien-être individuel et collectif. Qu’en est-il de notre société ? Elle ressemble à un robot dont la partie conceptuelle est remplacée par un logiciel conçu à partir de la réalité fictive du territoire hexagonal. Comme tout logiciel, il est un programme qui fonctionne sous certaines conditions. Celui que nous avons "bugue" en permanence parce que le langage des représentants de notre territoire est très peu adapté aux instructions du logiciel. Même un compilateur ne pourrait pas effectuer la traduction entre les deux. A partir de là, on peut comprendre ce que l’on a décidé d’appeler crise. Crise économique ? Foutaise ! Crise sociale ? Foutaise ! Crise identitaire ? Foutaise !

Une crise est un retournement d’activité. En quoi notre organisation sociétale est l’expression d’un retournement… A quel moment nos échanges économiques, intellectuels, culturels, cultuels ont été prospères pour voir aujourd’hui une récession ? Il n’y a que ceux qui ont un imaginaire déformé, délavé pour croire en cette ineptie. La demande globale c'est-à-dire de biens d’investissement et de biens de consommation est saturée… La Mairie de Kourou qui cède 2 tiers de ses actions à la SNI relève d’une crise de suréquipement… L’État et le CNES détenaient déjà 51,8% du capital de la Simko, il y avait crise pour céder 2/3 de 40% d’actions au point d’être en dessous de la minorité de blocage CTG comprise… Le pillage de nos ressources naturelles entre autres, l'activité aurifère avec la destruction de notre faune et notre flore par des multinationales sont la réponse à notre situation...

Le logiciel du système qui s’est substitué à notre réalité fictive a introduit dans nos circuits mentaux la métaphore de « l’assisté par assimilation » qui comme un virus attaque notre esprit d’initiative, notre sens des décisions et de responsabilité. En tout cas pour nombre d’entre nous. En tant que progressiste nous devons éradiquer cette métaphore pour redevenir ce que nous n’aurions jamais dû cesser d’être, des êtres humains complètement achevés capables d’harmoniser notre environnement et d’être interactifs au sein de la communauté humaine à laquelle nous appartenons. Rompre avec cette métaphore c’est conquérir sa liberté, son autonomie d’esprit, c’est tendre vers la maîtrise de son destin, celui auquel on rêve. En cela, le choix de vie dépasse la morphologie apparente. Il se construit avec ceux qui ressentent une souffrance générée par le mal-vivre, le mal-être. Serions-nous la seule communauté humaine qui n’aurait pas un avenir à construire à partir de son territoire ? la seule communauté d’hommes et de femmes à ne pas s’identifier à son territoire… Comment donc, comprendre notre existence dans l’espace que nous occupons s’il nous est étranger…

 

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Et si le peuple disait oui par Jean-Marie TAUBIRA

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