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L'attentat de Nice...

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Loin du territoire hexagonal, je ne suis pas insensible, pour autant, aux atrocités que font des humains à d’autres humains. La distance me permet de m’interroger sur ce type d’événements, d’essayer de comprendre l’origine de ces comportements sans me laisser influencer par les « experts » des média, par la rhétorique des politiques. Je veux être moi-même. En tout cas, le plus proche possible de ma singularité.

Je vous dis loin de l’hexagone. Cela ne veut pas dire que sur le territoire où je me trouve, il n’y a pas d’atrocités d’humains envers d’autres humains. Elles sont d’une autre nature, psychologiques, meurtrières aussi. Mais, pas collectives. Surtout, je n’établis pas de hiérarchie dans la souffrance. Ces atrocités naissent du sentiment d’injustice que ressentent des individus dans leur rapport avec la société, du désir de soumission qu’une catégorie de dominants veut imposer à une autre catégorie qu’on veut «de  dominés », des injustices sociales que vivent des personnes qui sont stigmatisées et que la société volontairement ou involontairement n’a pas su ou n’a pas voulu intégrer malgré son rôle primordial qui s’inscrit dans sa dimension sociale. Ce vécu me permet d’appréhender, dans un angle particulier, les actes abominables d’ailleurs. Il me permet de comprendre comment l’esprit humain passe du simple au complexe, comment le cerveau humain peut être à l’origine de grandes œuvres et comment il peut écouter sa partie reptilienne pour commettre l’impensable, l’inintelligible  indépendamment de son niveau d’instruction.

L’attentat de Nice qui a généré la mort de plusieurs innocents de diverses nationalités n’a pas l’air d’avoir éveillé les consciences ou, du moins toutes les consciences. Ce moment terrible est utilisé par les affamés du pouvoir pour se faire entendre, se faire voir et exister sur le dos, le malheur des autres. Enfin, de faire de la surenchère démagogique. Tant pis pour les innocents qui se trouvaient là. Tant pis pour eux… C’est une aubaine pour les opportunistes politiques, les carriéristes politiques. Ils peuvent surfer sur l’émotion des gens. Ils peuvent doper la peur. Cette peur collective qui est un sentiment favorable à la manipulation, à la soumission. Elle permet de mettre en place des mesures qui sont revendiquées par ce groupe apeuré et qui défient l’entendement humain.

Les politiques ont une drôle de perception de leur rôle au sommet de l’organisation sociale. Ils ne sont responsables de rien. Pourtant, le mode d’existence d’un temps est la conséquence de ce que l’on a préparé et semé auparavant. C’est, certainement pour cela qu’ils refusent toute analyse qui consiste à comprendre l’origine d’une telle situation. Ils préfèrent rester dans la posture de type Simplicissimus.  N’est-il pas important de comprendre l’origine de cette détermination qui conduit des personnes à choisir la mort plutôt que la vie en entraînant avec eux des dizaines voire des centaines d’innocents ? Si l’absolutisme religieux est à ce point puissant  quelle régression humaine, quelle claque pour la science, la physique, les mathématiques sources de la laïcité. Il y a bien d’autres mobiles derrière cette religiosité absolue.

La politique est censée être l’art d’organiser la cité. C’est donc d’abord un concept puis, une mise en application de ce concept. Ainsi, l’on peut dire que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. La pratique n’est que le résultat de ce que l’on a conçu. Par analogie je dirais que l’architecte conçoit son ouvrage et le fait réaliser. Ce qu’il a conçu en haut dans sa tête, est identique à ce que les ouvriers ont réalisé en bas sur le sol. Par suite, on appréhende la notion de responsabilité politique. Elle est immense. On comprend que tous les actes tant à l’intérieur d’un territoire qu’à l’extérieur ont des conséquences sur la vie des sociétés humaines.

A force de traiter l’acte politique avec désinvolture, construit sur du mensonge, les politiques creusent leur fosse. Les dérives qui sont certainement liées aux prochaines élections nationales montrent comment les politiques participent à la déchéance de la démocratie, à la désagrégation de l’organisation sociale, au délitement de la société. La suite de l’attentat de Nice le montre bien. Indépendamment des prises de position polémique des uns et des autres en tant que politiques, c’est toute l’institution qu’ils entraînent dans leur délire.

Avant l’attentat de Nice, on pouvait penser que la police municipale était en quelque sorte une structure auxiliaire de la Police Nationale. Ce qui se passe actuellement est d’une gravité sans précédent. Si un responsable de structure de la Police  municipale peut accuser un ministère avec une telle insouciance, c’est vraiment l’effondrement de la démocratie. Avec la réplique du côté du Ministère, objectivement, il y a une cohérence dans les propos. Le problème qui est posé est celui du niveau de conscience de chaque structure et des moyens de compréhension dont elles disposent (Chaque structure). Il apparaît évident que le niveau intellectuel global de la structure d’Etat est supérieur à celui de la structure municipale. Cette différence explique le niveau d’exigences de chaque structure et, la capacité de chacune d’elles à percevoir la subtilité des choses, par implication, la notion de commandement et d’exigences en termes d’informations et de leur efficacité n'est pas identique. On se rend compte que le niveau d’échanges n’est pas le même et induit une difficulté de compréhension réciproque. On est presque dans un dialogue de sourd en raison de la distorsion qu'il y a dans la capacité à être au même niveau d’analyse de la situation.  Le problème est que la responsable «administrative-technique » est sous l’empire d’un responsable politique. On a du mal à croire qu’elle ait pu agir sans l’assentiment de celui-ci.

Si tout cela arrive, c’est de la faute des politiques qui par démagogie font du populisme et laissent croire que tout est simple et qu’il n’y a pas de niveau de conscience distinct. Par suite, la société perd ses repères et baisse son niveau intellectuel. Le modus vivendi entre l’ordre et le désordre qui garantit l’équilibre de la société ne tient qu’à un fil et le chaos n’est pas très loin. Je voudrais préciser que je ne fais aucun parti-pris sinon celui de l’objectivité.
 

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Et si le peuple disait oui par Jean-Marie TAUBIRA

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