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Collectivité Territoriale de Guyane

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Cayenne le, 11 juin 2015

CONFERENCE DE PRESSE

Thème : La Collectivité Territoriale de Guyane


Mesdames Messieurs les journalistes,


Nous vous remercions d’avoir répondu à notre invitation pour la conférence de presse que nous organisons sur le  thème de la Collectivité unique de Guyane.


Il nous paraît nécessaire de rappeler les conditions de l’émergence de cette structure institutionnelle.  C’est une structure voulue par le Gouvernement de l’époque au motif de mettre fin aux chevauchements des compétences et aux dépenses inutiles. Vous noterez  qu’il n’a pas été dressé les chevauchements de compétences, ni les dépenses inutiles. Il nous paraît important également de préciser  que le taux de participation au référendum qui crée cette collectivité était de 27,44% des électeurs inscrits. Par suite, on peut légitimement penser que la question du Gouvernement n’était pas une préoccupation existentielle de la population. Les électeurs se sont abstenus à plus de 70% soit 7 électeurs sur 10. "Moins de 10 000 électeurs font passer la Collectivité unique".

La question que l’on est en droit de se poser est de savoir si une structure politique à une incidence sur les individus pris dans leur singularité, sur les groupes d’individus et plus généralement sur l’organisation sociale. Si on admet que c’est le cas, nous devons en mesurer les conséquences. Par ailleurs, il nous appartient de nous interroger sur l’inquiétude des citoyens. Enfin, l’origine de la question est gouvernementale. De ce point de vue il nous importe de savoir si le Gouvernement s’est donné les moyens de faciliter la mise en place de la nouvelle Collectivité et surtout les moyens de suivi des différentes étapes du processus.


La loi du 27 juillet 2011 a créé la nouvelle Collectivité.  Une commission tripartite présidée par le Préfet représentant l’exécutif gouvernemental  se réunit chaque trimestre avec les élus sur des travaux spécifiques. Il est stipulé que l’Etat accompagne cette réforme par la mise en œuvre d’une mission d’appui. Au regard de la loi, à compter du 27 juillet 2011 jusqu’au 31 mars 2015, il devrait y avoir  15 trimestres de travail. Qu’en est-il exactement ?


Si on se fie aux différents Procès-verbaux disponibles (4) on s’aperçoit  que la commission tripartite ne s’est réunie que quatre fois  soit : 4/15 (26,67%). En ce qui concerne la commission Ad Hoc, quand bien même le nombre de réunions n’était formalisé, elle ne s’est réunie toujours sur le même principe que trois fois ce qui donne un taux de réunion encore plus bas. Dans le cas où les Procès-verbaux ne seraient pas révélateurs  des rencontres, cela serait encore beaucoup plus grave du fait de l’opacité qui caractériserait ces réunions.


Il nous apparaît que l’inquiétude des citoyens est justifiée et qu’elle s’intensifiera au fur et à mesure que l’on approche du scrutin. Le contexte général est nauséabond et la nouvelle Collectivité arrive dans un environnement à risque fort par le niveau de la violence mais également par la baisse inquiétante de l’activité économique. Les éléments de la désocialisation sont de plus en plus apparents.


La structure institutionnelle impacte toute l’organisation sociale. Nul ne peut ignorer le poids du secteur public dans l’activité économique et sociale. Quelle sera la nouvelle articulation entre la Collectivité et le secteur privé et particulièrement avec les agents économiques. Quelle sera la capacité de la nouvelle collectivité à contribuer au développement équilibré du territoire. Pour le moment, la lisibilité de ses actions est plutôt diffuse et on comprend l’inquiétude des citoyens car, la problématique n’est pas que celle des salariés des deux collectivités.


Nous n’avons pas entendu avec suffisamment de responsabilité les incidences financières attachées à cette fusion de compétences. Nous n’avons aucune information réaliste des incidences financières sur l’évaluation du patrimoine des deux collectivités, sur les nouvelles compétences liées à l’acte 3 de la décentralisation, Enfin, nous ne savons quasiment rien sur le niveau de garanties de chacune des collectivités.


On avait promis aux citoyens la stabilité avec le statu quo, on voit poindre une grave aventure avec cette collectivité unique. Aucune lisibilité des actions publiques qui conditionnent notre avenir collectif. Nous n’avons pas entendu avec responsabilité les Chambres consulaires qui seront forcément impactées par la nouvelle structure politique. Il en est de mêmes des organisations syndicales tant patronales que salariales.


Nous craignons une accélération de la désocialisation de notre espace de vie.


Nous vous remercions.



Jean-Marie TAUBIRA

Secrétaire Général

Mis à jour ( Vendredi, 12 Juin 2015 22:11 )  

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